Spectatif

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Théâtre musical: Carnet de Notes

-Joli spectacle où les chansons chahutent nos consciences et dessinent nos sourires
8/10

Voilà un spectacle musical charmant et charmeur, aussi drôle qu'émouvant. Un spectacle à la fraicheur pétillante de l'Enfance à l'école, des maladresses rieuses et vachardes de l'Adolescence au collège (au lycée, n'en parlons pas). Mais aussi, voici un spectacle qui n'oublie pas que l'école n'est jamais tout à fait finie, même si la cloche a sonné. Un spectacle où souvenirs et espérances se conjuguent, où espoirs et désespoirs se confrontent, comme un implacable miroir de la société, transportant ses reflets de génération en génération. Un spectacle qui revendique avec humour et adresse une école plus militante pour une éducation plus juste, plus égalitaire et progressiste. Ce récital joué prend les allures d'une bande de copains et de copines qui se déchainent, se confient et partagent leurs propos dans la drôlerie de la dérision et le sérieux des idées graves. Il se compose d'un répertoire de chansons poétiques, politiques ou sociales qui dessine avec une gaité espiègle ou une noble gravité et toujours sans concession, le paysage de l'école aujourd'hui, sa réalité criante, ses petits bonheurs comme ses grandes douleurs. De Prévert à Le Forestier, d'Anne Sylvestre à Jacques Brel, de Renaud à Duteil ou des Fatals Picards à Grand Corps Malade, entre autres, les paroliers rassemblés nous rappellent des chemins oubliés, nous montrent des salles de classe ou de prof obscures, nous enchantent autant qu'ils nous touchent. L'émotion et la réflexion marchent à nos côtés. La troupe se démène, s'amuse et s'investit avec engagement. Ils et elles jouent les enchainements et chantent, certain·nes jouent de la guitare, du violoncelle ou du mélodica, avec un enthousiasme ardent et communicatif. Un joli spectacle où les chansons chahutent nos consciences, dessinent nos sourires et nous offre un agréable moment de plaisir.
# écrit Vendredi


Théâtre de l'absurde: La Cantatrice Chauve

-Spectacle immanquable pour sa puissance comique et son texte toujours autant surprenant
9/10

Cette première pièce écrite en 1950 par Eugène Ionesco est un coup d'essai et de maître. Jouée à de multiples reprises depuis sa création et toujours à l'affiche aujourd'hui, elle est couronnée par un Molière d'honneur en 1989. La veine dramaturgique de l'auteur se déploie dans des splendeurs iconoclastes, incongrues et systématiquement inattendues, donnant ses premières lettres de noblesse au genre du " théâtre de l'absurde ", dans la lignée d'Alfred Jarry et à l'instar de Beckett, Adamov ou de Obaldia. Puis de tous les auteurs contemporains qui ont suivi et développé la piste aux délices, s'en donnant à fière-joie, à cri-coeur et à voix-sans-issue plus souvent qu'à leur tour, de Tardieu à Dubillard, de Vian à Topor et d'Arrabal à Ribes, par exemple. Quelle bonne idée a eu Eugène Ionesco de tenter d'apprendre l'anglais avec la méthode Assimil. Les expressions dépouillées de sens, les tournures étranges, les liens improbables entre les formulations, ont tôt fait de le séduire et de lui donner l'idée d'écrire une pièce absurde sur " l'anglais sans peine ", premier tire donné à LA CANTATRICE CHAUVE. Monsieur et madame Smith échangent dans leur salon des banalités redondantes mêlées à des saillies cocasses. La domestique vient leur annoncer l'arrivée d'un couple d'amis qui attendront seuls dans le salon que leurs hôtes s'habillent. Ceux-ci en profiteront pour faire connaissance et s'apercevoir qu'ils sont mari et femme. Tous les quatre réunis enfin, la décadence de sens se poursuit, la bonne s'en mêle et un capitaine des pompiers aussi. Le décalage est entier, il prend de l'ampleur, le délire est à son comble. Il aurait été vain de compter les rires, les fous-rires nous en auraient empêchés. Le mitraillage de gags, d'enchainements de mots, de phrases et de scansions impossibles à comprendre comme les situations désopilantes nous obligent à nous réfugier dans l'acceptation de ce non-sens permanent. Et cette horloge qui joue avec le temps autant qu'avec nos nerfs, qui sonne des nombres inconnus de toutes bonnes horloges normandes ou grand-bretonnes qui se respectent ! Ce n'est pas étrange tout de même ? Pierre Pradinas signe ici une mise en scène démoniaque, alerte et au rythme fou, mettant en valeur le déroulement progressif de ces tonnes de riens qui déforment tout et son contraire. En vérité, on a craint à plusieurs reprises pour la santé mentale des comédien·nes et celle du public. Jouer si finement et précisément comme assister à une telle représentation d'un irréel valsant dans les bras d'un surréalisme qui s'échappe, glissant sur un dadaïsme au sérieux qui dérape, jonglant avec les silences de l'attente, s'explosant à des colères mirifiques et des postures clownesques, cela relève de l'expérience cette affaire ! La distribution est éblouissante. Romane Bohringer (énergique et drolissime Mrs Smith impassible et improbable) et Stephan Wojtowicz (incroyable Mr Smith, sérieux comme un clown débridé) emportent dans un tourbillon incessant et ravageur Thierry Gimenez et Julie Lerat-Gersant, Aliénor Marcadé-Séchan, Matthieu Rozé, tous excellents. Un spectacle immanquable pour sa puissance comique et son texte toujours autant surprenant.
# écrit Mercredi


Musique du monde: Les hommes... maintenant !

-Plein les yeux, plein les oreilles, plein de plaisirs. Un concert autant fou que beau et bon !
9/10

Un concert aux allures de performance musicale impressionnante et déroutante. Une fanfare décadente et débridée où rien n'est laissé au hasard. Tout surprend, tout nous prend. Du jeu des musiciens et de leurs personnages ; Des sons hétéroclites ou soignés de leurs instruments ; Des bruits maitrisés en notes de musique ; Des percussions improbables et des envolées savoureuses ; Des façons iconoclastes de jouer par moments. Et toujours, une fichue bonne musique. C'est infernal. C'est une machine à rêver la musique autrement. C'est " La Machine Infernale ". Ils sont treize hommes. Ils entrent un par un sur le plateau, habillés de costumes ou de robes longues noires avec des paillettes argentées. Chacun s'approche du bord de scène, à la manière défiante et désinvolte d'un mannequin de défilé de couture et repart se positionner près d'un instrument. Ce mouvement sera répété pendant le spectacle. Il est sans doute significatif de la provocation ambiante qui les anime tous. Avec le sérieux décalé de la dérision, ils moquent et se moquent de l'instant, désacralisant les codes du concert ordinaire. Une fois la troupe installée, une voix parle dans un micro et stance lascivement des phrases incongrues comme des vers d'une poésie naturaliste ou symbolique, presque surréaliste. Puis au détour d'un mot qui finit une phrase, une explosion musicale éclate. Ça commence. Une kyrielle de morceaux de musique cheminant sur des terres inconnues autant que connues où la recherche de sons, de bruits et de notes ou de mises en écho de sonorités, de voix parlées et de ruptures de genres nous enveloppent dans un bouillant pataquès de décibels d'où sortent musique concrète et électroacoustique, free-jazz, jazz-rock ou techno. Des instrumentistes à la technique impeccable, inventifs et au point, dans une harmonie d'ensemble digne des plus belles bandas. Un concert truffé de swing, de soul, de lounge et d'easy listening, parsemé de bruitages impromptus aux sons traités et travaillés en phrases musicales aux accents psychédéliques qui s'incorporent aux morceaux joués. Un concert hors du commun, hors normes, hors du temps. Comme un voyage parmi de longs rêves colorés, ludiques et rieurs qui chavirent et repartent, laissant les cauchemars errer sur les flots. Plein les yeux, plein les oreilles, plein de plaisirs. Un concert autant fou que beau et bon !
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre contemporain: Un coeur Moulinex

-Un spectacle réussi, nécessaire et agréable que je recommande vivement.
9/10

Un spectacle audacieux, chaleureux et accessible pour découvrir Jean Mantelet, sa vie, son oeuvre ou la fabuleuse histoire d'un bricoleur autodidacte imaginatif devenu l'industriel que l'on sait, le créateur du moulin à légumes et de la firme Moulinex. La pièce commence en 1932 en France. Le tissu industriel relève plus de l'artisanat agrandi en fabrique où la volonté de croitre se conjugue encore avec des valeurs humaines, à l'instar des usines patriarcales de la fin du 19ème siècle. Nous voyons peu à peu, sous nos yeux de spectateurs touchés par la décrépitude d'un patron à l'ancienne, se transformer ce modèle ancestral à forte dimension affective en un modèle unique aujourd'hui répandu à l'échelle mondiale, dans lequel la spéculation financière guide les choix et le travail n'est plus une valeur mais un outil de production rentable et impersonnelle. Une étonnante et puissante dramaturgie se dégage du texte de Simon Grangeat, documenté, implacable et sans pathos. Tout est dit, tout est montré. La mise en scène de Claude Viala décrit d'une finesse au scalpel et d'une efficace théâtralité, le climat, les désirs d'invention, la condition ouvrière et le développement ravageur d'une entreprise finissant par plier sous les lois du marché de l'économie de profit. Avec l'adresse des détails, des changements d'époques et des transformations de situations à vue, nous cheminons dans le récit avec émotion et intérêt. Nous sommes cueillis par la dimension humaine de cette épopée. La dévotion de Jean Mantelet pour ses recherches, qui rassemble autant le désir de création et d'invention que la soif de pouvoir et de puissance ; La naissance du rapport au travail salarié dans les provinces reculées où la paysannerie prévaut ; L'aliénation ouvrière soumise aux commandements cyniques et délétères de chefaillons aux pratiques douteuses et répandues pour lesquelles l'ordre donné est incontestable, alliant humiliations et privations punitives. Nous assistons à la fin d'un empire, d'une aventure humaine, d'une illustration d'un passé industriel révolu. Moulinex est rongé progressivement puis brisé par les grands argentiers qui prennent en charge le démantèlement de la société pour se répartir les bénéfices au mépris des salariés qui ne comptent pas plus que les machines devenues inutiles. Joué avec une conviction pugnace et intense exprimant les espoirs comme les souffrances, avec une justesse et un engagement remarquables par Julien Brault, Loredana Chaillot, Hervé Laudière, Carole Leblanc, Véronique Müller, Christian Roux et Pascaline Schwab, ce spectacle sert une partition sociale et politique avec un sens aigu de la transmission. La beauté artistique de l'ensemble tient autant du texte, de la qualité des jeux, des astuces scéniques bienvenues et d'une évidente volonté de partage. Un spectacle réussi, nécessaire et agréable que je recommande vivement.
# écrit Il y a 1 semaine


Théâtre contemporain: Criminel

-Un temps de théâtre mémorable, riche et bouleversant, pour son intensité et pour la qualité de son interprétation
9/10

Un coup de poing que ce spectacle, touchant au corps et au coeur, charriant le trouble parmi nos valeurs et nos espérances. Un spectacle dru d'une forte densité ; un texte tout en tension à la qualité d'écriture précise et fournie ; une interprétation remarquable qui expose avec justesse et conviction la violence de quatre personnages en doute. Un spectacle nous laissant groggy, livrés à nos réflexions sur la justice des humains, les méandres de la mémoire et de ses combats ravageurs avec l'oubli, les impossibles renoncements de la haine face au pardon. Boris a tué son père, sa soeur Camille est retrouvée blessée à ses côtés. Qui a fait quoi ? Pourquoi ? De quelles douleurs cette fratrie si proche cherche-t-elle à se protéger dans le déni ? Et ce procès, combien de doutes a-t-il semé, de revanches et de soumissions au silence ? Et ensuite, que reste-t-il de la vie gâchée chez la soeur, le meilleur ami et l'ex amante, trois êtres qui ont compté pour Boris et réciproquement ? Leur sera-t-il possible d'enfouir le passé sans qu'il ne ressurgisse ? Pourront-ils renouer les liens passionnels d'autrefois ? Quatre personnages en quête de vérité, confrontés au doute permanent sur ce qui s'est passé et à celui de leur pardon. Quatre êtres hésitant à entreprendre une résilience des peurs et des blessures anciennes, dissimulées pour survivre. Un tourbillon infernal : Oubli ou remord ? Culpabilité ou revanche ? Tenter de comprendre pour ne plus souffrir... Yann Reuzeau écrit là une représentation ciselée et implacable de la réalité des sentiments de révolte ou de soumission devant la maltraitance de l'enfant et de la femme, de celui ou celle qui ne veut ou ne peut pas admettre les faits tant ce qu'ils transportent peuvent contenir d'insoutenable. Tant l'espoir est vain d'oublier ces souffrances, la peur de l'abandon qui les accompagne et la faiblesse de vaincre qui empêche. Un texte complexe dans une dramaturgie fluide et travaillée par de nombreux plans de récit qui s'enchevêtrent et se répondent. La scénographie très adroite de Goury accentue l'impression de spirale vertigineuse par laquelle les situations nous sont livrées, comme un manège où tournent sans arrêt le présent et le passé. Les quatre comédiens Frédéric Andrau, Morgan Perez, Blanche Veisberg et Sophie Vonlanthen subjuguent par l'engagement vibrant de leurs jeux. Une sincérité d'une crédibilité époustouflante. Une sensibilité entière et convaincante. Un très beau travail d'interprétation. Je recommande vivement ce temps de théâtre mémorable, riche et bouleversant, pour son intensité et pour la qualité de son interprétation.
# écrit Il y a 1 semaine


Spectacle Musical: Les Sourds-Doués

-Fantaisie musicale débridée aux accents légèrement burlesques. Sourire et rire avec quatre doux-dingues musiciens
7/10

Une fantaisie musicale débridée aux accents légèrement burlesques. Le tout dans une ambiance complice et sympathique servie par un quatuor à vents composé d'une clarinette, d'une trompette, d'un cor et d'une clarinette basse. Les instrumentistes jouent de leur musique autant qu'ils jouent entre eux. Des blagues potaches se succèdent aux petits tours de magie et aux pas dansés comme des jeux d'enfants improvisant un spectacle devant leur famille. C'est drôle et chaleureux. Le répertoire propose des musiques variées, du classique aux génériques de téléfilms en passant par des standards de jazz et des mélodies de chansons populaires. Quelques moments suspendus où la musique est reine et beaucoup de galéjades à effet qui plaisent de toute évidence à un public ravi de ces découvertes et de l'univers rieur et convivial de cette banda croquignolesque. Un spectacle pour sourire parmi les notes et rire avec ces quatre doux dingues musiciens.
# écrit Il y a 2 semaines


Comédie dramatique: La Petite soldate

-Théâtre jeune public qui se révèle tout public. Moment inattendu de plaisir théâtra
9/10

Un très joli spectacle sur l'enfance, ses joies et ses espérances, ses incompréhensions et ses tristesses aussi. D'un inaltérable optimisme combatif et gai comme une ode au désir de vivre le plus proche du bonheur malgré tout. Ami a 8 ans. Cette enfant pêchue et volontaire vit chez sa grand-mère des jours heureux où les découvertes se mêlent aux jeux, la poésie à la naïveté de l'instant. Elle commente la vie des adultes avec ses mots d'enfants, implacables de vérité et insouciants de leur portée ; Elle confronte sa crédulité à son espoir de grandir, son optimisme rieur aux conventions et aux croyances ; Elle vit dans un bien-être nourricier que seule la crainte devant la maladie de sa grand-mère ébranle ; Elle tentera de faire le nécessaire, avec ses armes d'enfants, pour l'entourer et la protéger et conjurer sa mort. Mihaela Michailov, autrice dramatique contemporaine roumaine, écrit ce texte en 2013. Un texte superbe d'élégance, d'humour et d'espièglerie, baigné de tendres regards clairvoyants sur la réalité de l'enfance, ses doutes ambitieux et sa socialisation rebelle, se préparant aux sauts hasardeux et nécessaires du passage à la jeunesse. Elle nous présente une enfant-courage enthousiaste devant la vie qui vient et qui n'oublie surtout pas ses rêves de petite fille. La mise en scène d'Anne Hérold est soignée, précise et inventive. La dramaturgie de la pièce est rendue avec grâce et finesse. Le choix d'une présence musicale est heureux et bienfaisant, se révélant efficace pour souligner ou accompagner les moments-clés de l'histoire. L'harmonie entre le jeu de la comédienne et celui du musicien est réussie, colorée et chaleureuse. L'un chemine avec l'autre, les deux font spectacle. Marguerite Courcier joue Ami avec un enthousiasme remarquable qui fait pétiller son personnage et une tendresse bienvenue qui adoucit les ruptures du récit. Hugo Proy joue de sa clarinette avec une virtuosité tonique faisant ressortir un son velouté et feutré. De fichus bons artistes. Du théâtre jeune public (que nous conseillons à partir de 7 ans) qui se révèle tout public tant sa beauté touchante et son propos réfléchi traversent les âges avec adresse. Un moment inattendu de plaisir théâtral que je recommande vivement.
# écrit Il y a 2 semaines


Théâtre contemporain: La Révolte

-Texte surprenant par sa force, l’espérance qu’il transporte et sa résonance aujourd’hui.
8/10

En cette fin de 19ème siècle, Villiers de l'Isle-Adam étonne avec cette pièce LA RÉVOLTE, tant il éperonne la bourgeoisie quiète et repue de ses certitudes. Créé et joué cinq fois seulement en 1869, ce drame bourgeois dénonce avec force et cynisme la domination masculine, le patriarcat liberticide au sein de la famille qui maintient sous son joug femmes et enfants et la prédominance de l'argent dans la réussite sociale, familiale et personnelle. Élisabeth, l'épouse de Félix, soumise jusqu'alors à sa condition va suspendre tout à coup son destin le temps d'une conversation suivie du départ du logis et de son retour quelques heures après. Cette révolte, cette rupture, cette désillusion d'une femme touchant l'émancipation du bout des doigts, caressant la liberté pour s'approcher du bonheur, nous laissent cois et frustrés. Nous aurions tant voulu qu'elle ne revienne pas. Idéaliste de la première heure, Villiers de l'Isle-Adam écrit ici un texte ciselé, incisif et percutant. La froide démonstration de l'injustice dans l'inégalité de la condition féminine face à l'homme, au droit et aux habitus, est criante de vérité et résonne aujourd'hui encore avec acuité. Il dépeint chez ses personnages les émotions derrière leurs postures, décrivant d'une ironie noire les empêchements implacables et les renoncements meurtris. Le symbolisme de son écriture laisse poindre le rêve exalté, le désir de liberté et le droit au bonheur, nous faisant espérer en vain un autre avenir pour Élisabeth. La rébellion de l'épouse cingle le mari, dans un apparent respect des convenances d'une relation polie et policée, dénuée d'amour. La révolte de la " femme " porte l'espoir pour toutes celles qui ont combattu et combattent pour vivre libres. Élisabeth nous fait espérer par son départ l'exemple, l'exception, la nouvelle chance. Élisabeth nous montre par son retour, malheureuse et soumisse à nouveau, la puissance de la morale et le poids de l'éducation qui rendent difficiles la résistance et le combat. La mise en scène de Salomé Broussky donne à la représentation du texte toute sa force, centrant notre attention sur les personnages, leur déroute, leur errance et leur insupportable retour dans le rang. Dimitri Storoge joue Félix avec une étonnante soumission en forme de faiblesse, nous éloignant de l'époux dominateur attendu par le passé du couple et la situation de rupture. Maud Wyler joue Élisabeth avec un adroit froid glaçant, à l'aune de la détermination de cette femme rebelle mais privée des forces nécessaires. Les rêves d'illusions se voient dans ses yeux. La tension qui monte est palpable, son émotion rentrée dans le renoncement se lit dans son corps jamais relâché. Un beau texte qui surprend par sa force, l'espérance qu'il transporte et sa résonance aujourd'hui.
# écrit Il y a 2 semaines


Comédie dramatique: Ramses ll

-Un spectacle drôle et très sympathique que cette comédie acide et acerbe
8/10

Une pièce à l'argument insolite, goguenard et roublard. Comme à son habitude, Sébastien Thiéry s'amuse à nous surprendre à chaque fois que possible mais jamais au moment attendu. C'est drôle, décalé, provocateur et superbement bien joué. Jean et Élisabeth, à la retraire depuis l'accident qui oblige Jean à se déplacer en fauteuil roulant, vivent dans une maison près des bois et loin de tout. Ils attendent pour déjeuner leur fille Bénédicte et son mari Matthieu. Matthieu arrive le premier et le temps d'un échange avec ses beaux-parents, tout change, tout bascule. Les propos deviennent peu à peu confus, les situations étranges. Fantasme, hallucination, plaisanterie, coup monté ? On ne sait pas, on ne sait plus. On voit tout pourtant mais non, ça ne tient pas debout... Est-ce une vague de mensonges qui déferle sur Magny en Vexin ? Mais alors qui ment à qui ? Est-ce une illusion, un récit rapporté ou un délire hallucinatoire ? Enfin quoi, on a bien vu ce qu'on a vu ! Non mais quelle histoire ! Dès notre lâcher-prise, il nous faut nous accrocher pour ne pas perdre la tête, pour garder le sens commun et piocher ce que nous pouvons dans le reste de rationnel qui se présente. Nous nous laissons prendre volontiers au délire ambiant pour en savourer toute la drôlerie et la cocasserie déjantée. La démence plane et les rires fusent. Les répliques sont cinglantes et ciselées, d'un humour ravageur et efficace ; les situations improbables nous intriguent autant qu'elles nous amusent ; le climat est caustique, un vent de folie souffle en permanence, les avis de tempête se multiplient. La qualité de l'interprétation est remarquable et brille d'excellence. François Berléand est divin ou démoniaque, c'est selon, il joue avec un abattage comique féroce et désopilant. Évelyne Buyle est déroutante en femme déroutée, qu'elle incarne avec une finesse désarmante. Élise Diamant, délicate et précise, est tout à fait crédible dans ses courtes scènes. Éric Elmosnino impressionne par sa fougue et sa vis comica qui désarçonne. Quelle équipe ! Un spectacle drôle et très sympathique que cette comédie acide et acerbe.
# écrit Il y a 2 semaines


Chanson Française: Fille de personne, hommage à Jeanne Moreau

-Un tourbillon d’instants bonheurs, le temps de quelques chansons. Un bel hommage.
8/10

Quel bonheur de retrouver ou de découvrir le répertoire emblématique de Jeanne Moreau chanteuse. Chansons connues comme " Le tourbillon de la vie " et " J'ai la mémoire qui flanche " ou moins connues comme " Juste un fil de soie " et " Je ne suis fille de personne ". Jeanne Moreau qui chantait du jazz aussi bien que de la romance s'est construit un répertoire au charme virevoltant et espiègle, au romantisme délibérément dédié à la joie de vivre librement l'amour, l'insouciance et la passion du moment. Un récital simple et joli, conçu et interprété par Armel Amiot et Catherine Dargent, où l'émotion frissonne, où les mélodies s'envolent pour emporter des paroles qui viennent soulever le voile de nos souvenirs, nous rappelant des plaisirs, nous en offrant d'autres. Armel Amiot joue de la guitare avec vélocité et une qualité de son superbe, il chante aussi. Catherine Dargent chante d'une voix posée et veloutée, dégageant de la tendresse. Un duo musical chaleureux et partageur, une relation complice avec le public. Plaisirs et sensations sont au rendez-vous de cet agréable spectacle charmant et charmeur. Quel bonheur de retrouver ou de découvrir le répertoire emblématique de Jeanne Moreau chanteuse. Chansons connues comme " Le tourbillon de la vie " et " J'ai la mémoire qui flanche " ou moins connues comme " Juste un fil de soie " et " Je ne suis fille de personne ". Jeanne Moreau qui chantait du jazz aussi bien que de la romance s'est construit un répertoire au charme virevoltant et espiègle, au romantisme délibérément dédié à la joie de vivre librement l'amour, l'insouciance et la passion du moment. Un récital simple et joli, conçu et interprété par Armel Amiot et Catherine Dargent, où l'émotion frissonne, où les mélodies s'envolent pour emporter des paroles qui viennent soulever le voile de nos souvenirs, nous rappelant des plaisirs, nous en offrant d'autres. Armel Amiot joue de la guitare avec vélocité et une qualité de son superbe, il chante aussi. Catherine Dargent chante d'une voix posée et veloutée, dégageant de la tendresse. Un duo musical chaleureux et partageur, une relation complice avec le public. Plaisirs et sensations sont au rendez-vous de cet agréable spectacle charmant et charmeur. Un tourbillon d'instants bonheurs, le temps de quelques chansons. Un bel hommage à Jeanne Moreau.
# écrit Il y a 2 semaines



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